Quota olympique pour Vincent Lecrubier au championnat d'Europe de Milan Le K2 500 mètres Vincent Lecrubier / Sébastien Jouve (Rouen) a décroché un quota pour les JO !
« Sur la ligne, j'ai su qu'on était aux JO »
À 21 ans, Vincent Lecrubier a réussi une belle performance ce week-end en décrochant sa qualification pour les premiers Jeux Olympiques de sa carrière. 
Championnat d'Europe (K2, 500 m). Vincent Lecrubier (Saint-Grégoire) a décroché, à 21 ans, son billet pour les JO de Pékin. Entretien. Vincent, vous attendiez-vous à une telle performance ce week-end à Milan ? Sincèrement, non. Avec mon équipier, Sébastien Jouvre, on avait simplement trois semaines de travail en commun. Notre équipage a été constitué après les sélections pour le championnat d'Europe. Mais on se connaît depuis très longtemps, cela a facilité les choses. Comment avez-vous abordé les séries des championnats d'Europe ? Notre objectif c'était le podium. Car on avait pu constater que nos performances lors des sélections pouvaient nous placer en très bonnes positions. Mais vu le niveau européen, il ne fallait pas se louper. D'autant que lors de la première course nous affrontions la paire allemande Tim Wieskötter et Ronald Rauhe. Ce sont les champions olympiques en titre. Nous sommes partis devant mais sur la fin les Allemands ont placé une relance comme ils savent le faire pour l'emporter. On finit deuxième et cela nous a donné confiance. La pression était-elle plus forte en demi-finale ? On avait effectivement une grosse pression. Il fallait impérativement terminer dans les trois premiers sur les neuf bateaux. On réussit une course moyenne mais on parvient à décrocher la deuxième place et donc une place en finale. Et la finale, comment s'est-elle déroulée ? Honnêtement, je n'ai rien calculé de la course. J'étais très crispé par l'enjeu, par la pression de la course et je n'arrivais pas à me relâcher. J'ai vécu un début de course douloureux sur le plan musculaire. Comme souvent les Espagnols sont partis à fond. Je les voyais dans mon champ de vision, ils avaient au moins dix mètres d'avance. À ce moment-là, je me suis dit que cela allait être très dur. J'ai senti mon équipier qui poussait très fort derrière. Moi j'étais mort... Mais j'ai tiré sur mes bras tant que j'ai pu. Je crois que c'est là que nous avons gagné notre quatrième place. Qu'avez-vous ressenti en franchissant la ligne ? J'ai crié à Seb : « On fait quatre ! » Sur le coup, j'étais un peu déçu car je voulais vraiment monter sur le podium. Mais cela n'a pas duré puisque j'ai aussi vu très vite que les Allemands et les Lituaniens étaient devant. Or ces bateaux avaient déjà décroché leur billet pour Pékin. De fait, la quatrième place était qualificative. J'ai su très vite qu'on était aux Jeux. À 21 ans, vous allez participer à vos premiers JO. C'est une belle aventure ? C'est clair que c'est quelque chose d'exceptionnel. Je suis vraiment très heureux car cela valide aussi mes choix. En septembre, j'ai décidé de dédoubler ma deuxième année à Supaero (ISAE) à Toulouse. Afin de pouvoir augmenter mon volume d'entraînement au Pôle France de Toulouse. Cela m'a aussi permis d'intégrer le collectif élite de la Fédération. Et au fur et à mesure de la saison, j'ai senti que mon niveau augmentait. À 79 jours de l'ouverture des JO, comment jugez-vous vos chances ? Je pense que l'on peut être dans le coup. Être en finale serait déjà une belle réussite. Notre objectif maintenant va être de continuer à progresser ensemble avec Sébastien Jouve. Nous avons plusieurs stages au programme. Il y a aura aussi une manche de Coupe du monde et le championnat de France d'ici-là. Enfin, nous partirons au Japon pendant deux semaines avant de rejoindre Pékin. Histoire de s'adapter au décalage horaire et au climat. J'ai hâte d'y être...
Recueilli par Nicolas CARNEC. Ouest-France Lire également : "Etudiant et athlètes aux JO" |